J’en étais sûr... Flextronics, l’ex-usine Alcatel de Laval
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- Publié dans la rubrique : Matières à réflexion, ou à coups de gueule.. |
Un autre article était prévu aujourd’hui, mais il n’est pas tout à fait prêt et l’actualité d’hier me pèse personnellement.
Il n’y a pas que la SNCM pour nous pomper l’air...
Et peut-être que ça va mieux en le disant...
Corrigé le 9 Août 2006 et le 31 janvier 2007
L’USINE de LAVAL a sa place ici dans "Souvenirs de mer", pour avoir été un site de production de matériel Radio-Maritime d’une part, mais aussi pour avoir participé à ma reconversion "à terre". J’ai su apprécier cet endroit et les gens qui "y étaient fixés".
En 1991 j’ai arrêté la navigation pour devenir "terrien" et rejoindre Alcatel Radiotéléphone à Colombes
Ce sous-ensemble était dédié aux systèmes de radiotéléphonie du Groupe Alcatel, (l’ex Cie Générale d’Electricité) et son site principal de production était l’Usine Alcatel (ex-Thomson) de Laval.
L’article "Qui je suis" évoque cela et la triste actualité française d’aujourd’hui ce 5 octobre 2005, est l’annonce de la fermeture de l’Usine Flextronics à Laval.
Les circonstances m’incitent à détailler un peu tout cela.
En lien : "Etre professionnel"
"1991 - 1993 : FORMATEUR TECHNIQUE chez Alcatel Radiotéléphone à Colombes. Ma fonction était : ANIMATEUR DE FORMATION.
C’est à dire : Créer, Organiser et Animer des Formations en matière de réseaux radioélectriques privés pour réseaux (dits "PMR") d’entreprises au service des entreprises et organismes clients d’Alcatel tels que les Pompiers, la SNCF, l’EDF, la DDE (proche cousine du MET belge), la Police, la Gendarmerie etc..."
Mais... Le groupe Alcatel aime tellement se restructurer régulièrement que... On peut aisément deviner ce qui s’est passé.
J’étais à la fois content et fier de rejoindre Alcatel. J’y ai prouvé ma capacité à exécuter une efficace et intéressante reconversion. Avec Alcatel et son Usine de Laval, j’ai eu l’opportunité de travailler sur des techniques parfois passionnantes.
D’autre part, je crois qu’animer leurs stages au sein de cette excellente équipe fut ce que j’ai fait de mieux dans ma vie professionnelle, compte tenu des nombreux retours d’extrême satisfaction que j’ai pu avoir à la suite d’environ cent vingt stages.
Il m’est même arrivé 4 fois de recevoir une prime exceptionnelle, qui devait rester confidentielle(!). Ceci n’arrivait pas "à bord de la mar-mar", à ma connaissance.
Ce fut le seul endroit et les seules occasions où j’ai réellement été récompensé de mes efforts pour faire bien et plus. C’est une chose devenu fort rare en Europe aujourd’hui, je reste encore surpris et "baba" de tout ce qui s’est passé de positif.
Entre autres choses, j’ai eu l’honneur de rencontrer par deux fois, deux membres du groupe d’études GSM, ceux qui ont inventé la norme entre 1982 et 1991 à Nice Sophia Antipolis. (11 nationalités étaient représentés dans cette digne assemblée)
L’Usine "ex-Thomson" de Laval mérite d’être évoquée ici "à mon bord" pour deux raisons :
J’allais souvent à l’Usine de Laval pour préparer les stages entre deux sessions et j’avais accès à tout ou presque sans autre restriction que le temps possible pour rester à Laval.
Tout le monde y était sympathique, compétent, serviable etc... Dieu sait que cela n’arrive pas partout ! En plus, séjourner dans la bonne ville de Laval est aussi un vrai plaisir.
De surcroît j’ai retrouvé à l’Usine une bonne camarade du lycée de Chartres. Se rencontrer ainsi à la machine à café fut une jolie surprise, d’autant qu’elle faisait partie des personnes les plus hautes en couleurs que j’ai pu rencontrer en travaillant à terre. Au moins, je ne risquais plus de m’ennuyer en quittant l’usine le soir... Cerise sur le gâteau.
En fouinant dans l’Usine j’ai pu y découvrir quelques exemplaires des nombreux anciens produits de ce site déjà ancien. L’Usine faisait "autrefois" (déjà !) partie du groupe Thomson, dont certains sous-ensemble ont été transférés chez Alcatel à la fin des années 80...
Parmi ces trouvailles parfois insolites se trouvaient quelques récepteurs Thomson ! Oui ! Ils étaient originaires de Laval et c’étaient ceux utilisés par Saint Lys Radio. Pour moi, c’était trouver un peu d’air du grand large à Laval !
Nous avions aussi quelques uns de ces excellents récepteurs à bord des navires câbliers (DTSM/DTRE oblige) Raymond Croze, Léon Thévenin et Vercors à côté des SAIT-Skanti rencontrés plus classiquement à bord des navires.

- Le Léon Thévenin en train de charger du câble à Brest : suivre le cheminement "aérien" venant de l’entrepot à terre
Ma première déconvenue Alcatelienne fut l’annonce quelques mois après mon embauche, de 243 "prochains licenciements" à l’usine de Laval avec la promesse que ce serait les derniers... (no comment) Je me suis alors dit :
"Ca recommence, comme dans la marine marchande..."
Moi qui voulait fuire l’incessante dégradation de la situation toujours connue dans le secteur maritime, je fus fort désapointé dans ma naïveté.
Bien sûr, le folklore qui va avec ce genre d’annonce fut rejoué pour la Nième fois, et ce ne fut pas la dernière :
Monté à Paris (Colombes) des gens de l’Usine avec une très belle manif.
Rencontres syndicats et la direction (sourde) avec comme d’habitude le traditionnel dialogue des sourds-dingues.
"Séquestration" de deux directeurs dans leur bureau durant au moins une nuit.
M’étant fait raconter cela longtemps après par la personne citée plus haut, (cette mauvaise fille "y était") j’en ai eu les larmes au yeux... de rire.*
Condamnation sévère des élus locaux de Laval, mais sans réaction réelle, comme d’habitude.
Protestations nationales entre autres choses, contre le fait qu’on réduisait en province mais pas à Paris, ils n’avaient pas encore vu la suite...
Etc...
Pour travailler agréablement et efficacement dans une bonne ambiance, le bonsens nous dit qu’il vaut mieux être à Laval qu’à Colombes, dans cette région parisienne en déliquescence régulière. J’ai vite vu qu’on nous cuisinait joyeusement exactement le contraire et ce fut ma seconde déconvenue :
Les laboratoires d’études de l’Usine de Laval furent peu à peu transférés à Colombes. Maintenant tout cela se délocalise à l’étranger, c’est moins cher qu’à Paris.
Ensuite, lorsqu’on "se restructure" : les plus jeunes et les derniers arrivés sont toujours le premiers éjectés.
Ma hiérarchie a un jour "sauté" et "on" (qui "on" ? No sé) ne souhaitait plus du tout en "haut lieu" qu’il soit fait comme nous le faisions en matière de formations délivrées aux clients, c’est à dire :
Tout expliquer aux clients sur le matériel PMR et "Cellulaire".
Il en était encore moins question pour tout ce qui concernait le jeune GSM (car en 1993 c’était tout nouveau).
Game over !
Bref, j’ai mangé mon chapeau...
Il y a quelques années, dans la ligne actuelle de délire collectif national, la "tête" d’Alcatel déclara publiquement :
"Nous devons faire l’entreprise sans usine..."
Nous aurons peut-être d’ailleurs bientôt en France, la marine marchande sans navire, comme c’est arrivé à l’amiral Bléhaut et la Royale...
Mais lui, il faisait tout ce qu’il pouvait pour préparer l’avenir malgré tout avec la Royale pillée, détruite ou exilée et cela lui coûta fort cher.
Le concept fou à lier de l’entreprise sans usine a connu son début de réalisation avec la session de l’Usine au groupe américano-chino-singapourien Flextronics avec de nouvelles promesses, car il est interdit d’interdire les promesses.
C’est amusant, il se trouve toujours en 2005 et 2006 des gens pour y croire...
Citation :
Octobre 2005 : Flextronics ferme son usine de Laval
Rédaction ZDNet France Mercredi 5 octobre 2005
Le fabricant américain de produits électroniques en marque blanche va fermer son site de Laval à la fin de l’année, entraînant une important vague de licenciements.
« Suite à la fermeture du site, 503 salariés vont être licenciés. Les 200 premiers recevront leur lettre de licenciement le 2 novembre, 50 personnes le 2 décembre, et les derniers fin décembre », a indiqué à l’AFP Anthony Bichot, délégué CGT, à l’issue d’une réunion entre la direction et les syndicats.
L’activité de l’usine n’a cessé de diminuer depuis quatre ans, en raison de « la baisse des activités en téléphonie mobile », a indiqué la direction de l’usine à l’agence de presse. Son principal client était Alcatel qui représentait 60% du chiffre d’affaires, mais l’équipementier français a mis fin à ses commandes en mai dernier.
Alcatel était d’ailleurs l’ancien propriétaire de l’usine de Laval revendue en 2001 à Flextronics.
Des mesures d’accompagnement ont été négociées par les syndicats. De possibles reclassements dans d’autres usines du groupe, en France ou ailleurs dans le monde (Europe, États-Unis et Asie) ont également été évoqués.
Fin de citation.
"De mon temps" (dire cela ferait rire si...) ils étaient plus de 1300 et hier il n’en restait que 500. A la grande époque, ils furent plus de 3000 à y travailler.
Cela pouvait être pire ! Certaines usines ainsi "cédées" au sous-traitant ont ainsi beaucoup plus vite disparu dans le Triangle des Bermudes, le vrai !
J’ai vu installer à Laval les première "salles blanches", c’était Indispensables pour produire les tout-premiers téléphones mobiles GSM au monde vendables au grand public. Pendant ce temps les ouvrières du service emballage en bout de chaîne continuaient à travailler sur un sol en terre battue pour fermer les cartons...
Cela dit si le mot "Usine" a aujourd’hui une très mauvaise connotation partout, surtout chez les plus jeunes, telle ne fut pas mon impression.
Au contraire : On savait y travailler dans une bonne ambiance.
NOTES :
I/ Il m’a semblé sur le moment, que nous assistions à la mise en application de méthodes de "management" implacables, visant à préméditer et planifier de longue date la suppression de très nombreux sites industriels en se moquant cordialement et totalement, pour rester poli, de l’intérêt des populations locales.
J’ai alors pensé que les syndicats luttaient comme Don Quichotte contre des moulins à vent et que le problème n’était pas "local".
L’organigramme de l’entreprise n’évoluait pas, il changeait sans cesse tel un mouvement Brownien. Cela empêchait toute tranquilité et toute sérénité dans le travail.
Le 5 Août 2006 en fin d’après-midi à Paris, samedi dernier, il m’a été confirmé de vive voix qu’au moins à Laval, "tout" était prévu et dissimulé depuis 1987...
Je ne sais pas ce qu’il faut en penser d’un point de vue éthique, et encore moins s’il faut l’écrire. Car alors, la réalité étant hautement vulgaire, je risquerais de l’être aussi, ici !
Cela dit, constatons le :
Quelques personnes sur place ont délibérément comploté secrètement avec une direction parisienne dans le but de détruire le métier et le gagne-pain de milliers de personnes, le travail de leurs collègues.
Tout cela n’est pas joli-joli...
Plus grave encore, les jeunes de Laval n’ont presque plus aucun espoir d’avoir un job intéressant sur place grâce à cette crapulerie. S’il n’y avait eu que cete usine...
C’est d’autant plus Extrêmement inquiétant pour l’homme d’ordre que je suis, que ces faits très graves donnent parfaitement raison à l’exrême gauche ou à l’extrême droite, qui appellent de vive voix à "faire le ménage" dans notre pays et même ailleurs en Europe...
Si nous sommes en guerre économique, car cela se dit, ceci à mon sens se nomme aussi "haute trahison".
La France est un pays calme. Si par hasard ou par dénonciation, en ce mois d’Août 2006, au sein du "Hezbollah", on s’aperçoit qu’un combattant est un agent du Mossad, ou inversement si un soldat de Tsahal se fait chopper à "donner des tuyaux en face", que va-t-il arriver à "l’intéressé" ? Je crains pour lui de forts mauvais moments à passer...
Chez nous, tout est devenu possible et demeurera impuni semble-t-il, du moment que la violence reste feutrée.

- Vue aérienne de Laval, les photos de l’usine sont difficiles à trouver !
II/ Pour l’anecdote, l’Usine Alcatel Thomson de Laval peut revendiquer un certain nombre de Titres de "Site historique" :
Elle tels fut par exemple la première usine du monde à avoir su "sortir" des BSC et des BTS GSM, qui sont les équipements d’Infrastructure radio GSM et les tout-premiers téléphones mobiles GSM qui furent vendus au public !
Ceux-ci connurent de nombreux soucis et revinrent presque tous à l’Usine, mais ceux qui furent ainsi "traités" fonctionnèrent finalement fort bien, mais avec la patience de qui a su essuyer les plâtres.
Il est survenu en effet de nombreux problèmes de qualité des CI à haute intégrations reçus qui sont implantés sur les cartes mères par les chaînes automatiques des salles blanches. Tous les autres constructeurs ont bien sûr rencontré les mêmes problèmes, mais Alcatel a eu le culot de vendre le premier !
BSC Base Station Controler
BTS Base Transceiver Station (l’objet radio qui communique avec votre mobile)
GSM : Global System for Mobile communication
GSM : (1982 jusqu’en 1990) Groupe Spécial d’Etudes Mobiles
GSM : (acronyme secret) God Supply Mobiles !
(plaisanterie conséquence des nombreux retards connus au début)
Quel terrible gâchis...
Tout cela est pénible... N’est-ce pas ? Game Over !
Bien navicalement, ça va mieux en le disant... - Thierry Bressol R/O
PS : "On" est si fier de l’Usine de Laval et de ce qui lui et arrivé qu’il semble dificile d’en trouver même une seule photo sur Internet et même ailleurs. C’est dire...
J’irai peut-être un beau jour comme Saint Lys, photographier les ruines.

- L’Usine ex-Alcatel de Laval
Merci encore à Alain Cormier, que je salue au passage !
Les propos de Bressol me suggerent une reflexion : En France on marche sur la tete et on se plaint que les aspirines coutent trop cher ! Le seul probleme c est que si on veut marcher sur les pieds le changement metabolique du corps social sera tel que ceux qui n auront pas une solide constitution de leurs organes internes disparaitront. Mais pas d inquietude le malade veut conserver le statuquo. OM
J’en étais sûr.... Pauvre Laval. 7 octobre 2005, par LindorMais alors.... Que faut-il donc faire ? Si on continue comme ça, ce sera intenable pour tout le monde avant peu ! C’estd’ailleurs ce qui arrive avec la SNCM et ce n’est que le début... En laissant faire n’importe quoi, et laissant (encourageant même !) n’importe quel investisseur marron s’installer comme cela se fait depuis longtemps sans contrôle ni contre partie... Nous voyons aujourd’hui le résultat ! Il faut exiger des politiques une reprise en main de l’économie. Lindor
J’en étais sûr.... Pauvre Laval. 7 octobre 2005
Oui mon cher, la seule chose à faire c est de remettre la France dans un cercle vertueux et donc etablir une equation politique qui nous sorte de l equation actuelle : toujours plus de chomage, toujours plus d’impot, toujours plus de déficit , toujours plus d endettement. OM
J’en étais sûr.... 10 octobre 2005
Le cercle vertueux.... Effectivement.
Depuis des années nous sommes dans un cercle vicieux, très très vicieux ! Il faudrait déjà en sortir, et on n’en prend pas réellement le chemin. Comme le dit Lindor (un autre mystérieux correspondant) il faudrait déjà remettre du monde à la passerelle, car l’économie ces dernières années, c’est le bateau ivre de Rimb...
Alcatel est si fier de son usine, qu’il me fut impossible de trouver sur le net une photo de l’Usine de bons souvenirs qu’elle fut aussi pour moi. C’est révélateur. Bien cordialement Thierry Bressol
