Souvenirs de mer

10 juillet 2006

Embarquer à bord du Manhattan /1

Début Janvier 1982, la sonnerie du téléphone a retenti dans mon appartement de Dieppe. Une voix inconnue s’annonça comme Mr Papelard de la Cie de Navigation d’Orbigny. Il expliqua que Mr Hégy de la CNDF lui avait communiqué mon numéro de téléphone...

- En lien :

- "Containers, Twistlock et mauvais temps"
- "Ne les oublions pas"
- "Restauration à bord"
- "Pride of Baltimore"

- "Le navire RORO ou roulier"
- "Photo spectaculaire, le 4 Février 1982"
- "Embarquer à bord du Manhattan : 1"
- "Le matin du 4 février à bord : 2"
- "Le 4 février 1982 à 17h00 lt : 3"
- "Le 4 février 1982 après 17h00 lt : 4"
- "Aventures Mécaniques Extraordinaires

- "Mr l’Ingénieur Rudolf Diesel"

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M/V Seaboard Intrepid & ex Roro Manhattan (années 2000)

- Traversons l’Atlantique Nord en Hiver

- Ecrit en Février 1994, corrigé le dimanche 22 février 2004 à 17:44


Je n’ai pas laissé à ce monsieur le temps de terminer sa phrase :
- Oui, Oui ! Oui ! Je suis disponible dès demain s’il le faut !

C’était très imprudent de ma part, les faits l’ont prouvé par la suite.
- S’entendre appeler par la "d’Orbigny" signifiait surtout se voir naviguer sur la Ligne d’Amérique du Sud...

- La très mauvaise réputation de la "d’Orbigny" comptait bien peu pour un jeune navigateur en regard de la perspective d’aller au Brésil, en Argentine et à Montevideo, la très sympathique capitale de "la Republica Orientale del Uruguay".
- Je conservais un souvenir ému du voyage de l’année précédente sur cette ligne.

Il faut penser au contexte de l’époque, les conteneurs n’avaient pas encore totalement saboté la qualité de la vie des marins sur la ligne d’Amérique du Sud. Les escales étaient longues (jusqu’à 6 jours !) et les villes visitées inoubliables. Le marin des années 80 que j’ai été, a pu y rencontrer réellement des gens et même y conserver de solides relations. Il n’y avait ni Sida, ni aucun autre sujet de ce genre pour nous pourrir la vie.

Les navires anciens étaient plus agréables à vivre, car moins sophistiqués et aménagés avec beaucoup plus de soin qu’aujourd’hui. Les équipages étaient nombreux et de qualité. La navigation actuelle ne permet plus de voyager comme nous l’avons fait, même si j’ai manqué (étant beaucoup trop jeune) "l’âge d’or vrai de la navigation" :
- Les années 60.

Mr Papelard a certainement savouré à sa juste valeur son très bon coup. Même si ce n’était pas un coup de Maître, car un peu facile !

Prononcer le mot "d’Orbigny" au téléphone marchait à chaque appel. Le "pigeon" appelé se voyait immanquablement déjà à Rio de Janeiro et savait plus rarement que la Cie d’Orbigny avait aussi la charge de navires tout autres que les cargos classiques fréquentant l’Amérique du Sud !

Notre Marine Marchande était encore assez importante en nombre pour que certaines informations sur les autres compagnies restent ignorées. Le marin, toujours absent, a bien souvent eu le très grand tort de ne pas savoir.
- Les absents ont toujours tort, surtout les marins.
- Oui, Oui ! Oui ! Je suis disponible dès demain s’il le faut !
- Très bien Mr Bressol, me dit-il de sa voie suave, j’ai parfois du mal à trouver du monde pour rejoindre notre Porte-Conteneurs Roro Manhattan. A la fin de la semaine, vous pouvez donc aller le rejoindre à Gênes n’est-ce pas ?

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M/S Roro MANHATTAN - Photo Chantier de France Dunkerque 1981

J’en avais trop dit, et trop vite. Il était déjà trop tard pour "battre en arrière".

Avec le recul du temps, je demeure convaincu que si la part de chance de chaque individu était rationnée par les lois de la nature, durant cet Hiver mémorable nous aurions alors consommé toute la quantité de baraka à laquelle nous avions droit...

Du Manhattan et de son équipage, il devrait rester seulement une très belle et complète liste d’équipage en marbre sur le modeste monument aux disparus de la Marine Marchande, victimes de leur devoir "pro" et de la bêtise collective à Sainte Anne d’Auray.

Le matin de mon passage au siège, on réparait la serrure de la porte du Hall d’entrée. Dans la nuit, on avait tenté (en vain ?) de cambrioler les bureaux de la D’Orbigny... Même la police était là.

Avant même d’embarquer, je me retrouvais dans une atmosphère étrange. Dès ma prise de contact avec la CNO, j’allais vivre une suite ininterrompue d’événements petits et grands, tous rares, insolites ou cocasses, parfois très dangereux.

Pour commencer, le voyage en train fut épique, mais le raconter serait un peu ici hors sujet.

Rejoindre le bord en train jusqu’à Gênes, c’était ça aussi, d’Orbigny. A l :’arrivée, abruti de fatigue je suis resté bêtement à regarder successivement le taxi qui s’éloignait et la coque du Manhattan, nue dans sa cale sèche.

J’observais les échafaudages autour du safran et de l’hélice, puis une dernière fois je cherchais le taxi. Il avait disparu.

La belle peinture neuve du Roro Manhattan était resplendissante sous le soleil. Tout semblait neuf et impeccable.

Mrs Papelard et Steiner n’avaient donc pas menti, je trouvais un bateau flambant neuf en fin d’arrêt technique (celui de sa garantie d’un an).
- Bien ! Nous y voilà ! Il est beau comme un camion neuf... Pensais-je.

En arrivant à 09h00, je pensais trouver l’intense activité des arrêts techniques. Mais l’activité du bord ne semblait pas bien violente. On ne bosse pas aujourd’hui ici ? C’était la seconde surprise et pas la dernière. Le fond de la cale sèche était lui aussi désert de toute présence humaine.

Ce silence m’inquiétait. Le navire était "sur courant de terre". Un bateau qui ne "ronronne" pas n’a pas toute sa santé. c’est comme un chat.
- Il y a quelque chose... pensais-je en montant à bord. Ce quelque chose était la grève.

J’ai pu ensuite déduire que cet arrêt technique fut bâclé de toutes les façons imaginables, car très probablement mal organisé par les Français. Des mesures d’économie de bouts de chandelles ont été réalisées en ne faisant pas venir de Dunkerque les personnes "au courant" des exactes spécificités du matériel de la Machine du Manhattan.

On a ainsi mis les Italiens de la Réparation Navale de Gênes dans une situation très difficile. il n’est pas possible humainement d’effectuer sans en connaître tous les détails de fond, certaines mises au point des plus délicates sur des matériels non seulement neufs, mais nouveaux et nombreux à bord.

N’importe quel technicien sérieux de n’importe quelle spécialité comprendra cette idée simple. Dans certains cas, de simples stages d’une semaine chez le fabriquant de chaque appareil en cause pouvaient nous éviter tout ennui...

Nous l’avons bien vu, après coup. On a demandé aux gens du bord et aux Génois de tout faire et très vite, sans rien préparer à l’avance. Personne n’a su ou n’a pu dire non. L’habitude d’organiser des relèves "éclair" sur ce genre de navire n’arrangea rien et l’inévitable incompétence momentanée des nouveaux embarquant ne facilite jamais les choses.
-  A suivre...


- Février 1994 et le dimanche 22 février 2004 à 18:01

- Nous devions donc appareiller le lendemain soir "en l’état", c’est-à-dire en assumant pleinement et parfaitement les petits soucis qui nous suivirent à la suite de cet arrêt technique.

- Tout cela, je devrai les découvrir un à un et au fur et à mesure des conversations au carré. J’aimais savoir et comprendre avec précision tout ce qui se passait à bord. Voici donc !

- Fonctionnement peu sûr de l’appareil à gouverner (remontage ultra-rapide sans grand contrôle). Avec barre de secours "gadget", installée pour faire de la "figuration réglementaire", selon quelques expressions du Snd Capitaine.

- Fonctionnement non sûr de l’appareil propulsif (2 moteurs Sulzer semi-rapides, une hélice à pas variable). Voici la liste des problèmes rencontrés, pour autant que je me souvienne :

Filtres à huile automatique (Boll et Kirsch) ne pouvant pas fonctionner, sans intervention manuelle (C’est "automatique-manuel" disait le 3ième mécanicien).

Régulateurs de rotation de ces MP : Woodward à air comprimé, ne sachant pas réguler... C’était un modèle "Américain" conçu par Woodward-France à Dunkerque, ce qui compliqua un peu les choses par la suite :

L’un est "Esclave" de l’autre (le "Maître"). Le Maître ne savait pas "tenir" son subordonné, ou ce subordonné donnait des palpitations à son Maître... On savait surtout qu’un réglage très fin de chaque partenaire du couple infernal (et des deux travaillant ensemble, après le premier réglage) était plus que nécessaire...

- Commentaire très strictement personnel :
- Peut-être fallait-il éviter d’y toucher à Gênes ! Quand on ne sait pas, on ne démonte pas !

- Si je ne m’étais pas engagé au secret des communications, j’aurais pu (peu après cet embarquement) animer les stages de formations chez Woodward France... Avec la longueur de papier telex que j’ai...

- Concrètement il se passerait ceci :
- Avec ce problème de régulation des 2 Moteurs de propulsion, chacun des MP était très susceptible de partir en survitesse (par suite, stopper par sécurité), ou de ralentir jusqu’à l’arrêt "naturel" par une simple fantaisie du moment.
- Un homme devait donc en permanence réguler, se prenant ainsi pour un régulateur Woodward !

- Une de nos Turbosoufflantes était suspectée de turpitudes à venir. Celle-ci se fera attendre, mais ne nous oubliera pas durant la traversée de retour !

- Démarrage automatique très incertain du groupe de secours en cas de besoin (un suspens insoutenable pour les jeux du Dimanche). Il n’était d’ailleurs pas si facile de le faire démarrer manuellement !

- Alternateur attelé (installé pour "tourner" avec un ou deux MP) inutilisable.
- Pour les réclamations : demander des explications aux régulateurs...

- Une grosse pompe de ballastage Hors Service (pas reçu les pièces détachées nécessaires). L’autre pompe, ça va, merci...
- Tous les Indicateurs de fonctionnement des pompes de ballastage : Hors Service.
- Tous les Indicateurs de niveaux dans les ballast : Hors Service. Membranes hydrostatiques d’origine de très mauvaise qualité, et introuvables au moment de ces travaux.
- Très concrètement, en opérations commerciales, pour pomper il fallait compter les secondes pour se faire une idée de la situation. Le "PC Cargo" était donc un lieu de grande concentration mentale.

Le dispositif hydraulique de l’hélice à pas variable et les deux propulseurs latéraux ne souffrirent de l’arrêt technique. Il me semble que c’est heureusement car on n’y touché pas...

- Il est impossible de me souvenir de tout. Cette liste demeure cependant complète pour les plus graves problèmes, même si elle n’est pas réellement exhaustive, à propos des autres appareils du service machine.

- Pour couronner ce tableau, je dois préciser qu’appareiller "en l’état" ne signifiait pas seulement aller dès le lendemain soir à Livourne puis à Naples. Il était très "sérieusement" (au sens Anglais du terme, même) question d’aller ainsi aux USA, c’est à dire traverser l’Atlantique Nord en plein Hiver avec un bateau dans cet état...
- Tout cela, je devais le découvrir progressivement.

Seul le soir au local radio, j’ai donc noté au hasard dans un ordre spontané sur une feuille de papier tous les "éléments" connus de la situation du bateau. En me relisant, j’ai pensé :
- Je crois que tout ça fait un peu beaucoup..."

Mais cela restait encore une peu abstrait en mon esprit, je me rendais mal compte. Moins abstrait était mon souvenir de l’Atlantique Nord en Hiver, déjà "pratiqué".

J’ai alors songé que traverser l’Atlantique dans ces conditions était dangereux, puis je me suis dit qu’il n’était pas possible qu’on nous fasse aller aux USA dans cet état.

- Quand même, il ne faut pas déconner !
- Après, j’ai pourtant constaté que si...


- Février 1994 et le dimanche 22 février 2004 18:45

- Une chose me rassurait, l’imminence de la Visite Annuelle de Sécurité. Il ne me semblait alors pas pensable que les Affaires Maritimes laissent faire ça.
- Une conversation avec le 3ième mécanicien m’annonça pourtant "la couleur".

Cet Officier Mécanicien de 2nde Classe était à n’en pas douter un homme d’expérience, un type sympathique remarqué dès ma première prise de contact avec "les autres" à bord.

J’ai eu ce soir-là l’impression qu’il voulait discuter un peu et j’étais très réceptif, ayant moi-même envie de le questionner et d’avoir un guide pour me balader en ville !

Obtenir de moi un élément de prise d’antenne murale de radiodiffusion était le premier but de sa visite. La conversation fut immédiatement établie.

Pendant que je cherchais dans mes tiroirs, il ne résista pas à la tentation de jeter un petit coup d’oeil sur la feuille de papier qui traînait devant le récepteur principal, un superbe ITT Mac Kay.
- Tu fais déjà la liste du désastre ?" me demanda-t-il. Je me suis retourné pour voir ce qu’il faisait.
- Je vous ai écouté parler à table... Et quand j’ai rencontré le nouveau commandant, lorsqu’il a vu que les radars fonctionnent bien, il a dit qu’au moins un truc marche bien ici... Ce n’est pas grâce à moi, mais j’étais content quand même ! Pourquoi y a-t-il tant de problèmes ?"
- C’est la "Marineu Marchandeu", Monsieur le Radio...

- "Vous osez rentrer là-dedans ?" demanda une visiteuse à mon bord...
- Et pourquoi pas, s’il le faut ?

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Mécanicien au travail à bord, dans le moteur

Dieu le sait : Je l’ai souvent entendue celle-là !
- Est-ce que ma liste est complète au moins ?" Je le tenais et j’allais en savoir plus.
- Hélas, non... Mais pour le plus grave, oui ! Tu as fait le tour camarade ! Si on avait dû parler de tout, le repas de midi durerait encore...
- J’ai l’impression qu’il est question d’aller aux USA comme ça. On va y mettre de l’ordre avant Naples n’est-ce pas ?

Il s’est mis à rire :
- Encore un de ces petits jeunes qui croient au Père Noël !
- Tu sais, au service radio : ça va globalement. Je peux même trouver ça drôle ! Mais pour vous en bas, ça n’a pas l’air triste ! Traverser l’Atlantique en l’état, est-ce bien raisonnable ?

J’avais lâché le morceau.
- Et tu ne sais peut-être pas la meilleure ! Au fait, est-ce que tu as embarqué ton uniforme ?" Je ne comprenais plus...
- Qu’est-ce que ça vient faire dans nos problèmes ? J’ai probablement ouvert des yeux ronds.
- Tu ne devines pas ? Tu n’as jamais entendu parler de Visite Annuelle ? J’ai éclaté de rire en imaginant ça...
- Tu déconnes ! C’est pour me faire marcher ! C’est une connerie pour faire marcher les nouveaux, comme chez Denis Frères !

- Non ! Non, non ! Ce n’est pas, il ne manquerait plus que ça ! C’est, il ne manquait plus que ça !

Je suis resté silencieux...
- Tu n’es pas sérieux !
- J’ai rarement été aussi sérieux !

Alors j’ai eu une autre crise de rire en pensant à la Commission de Visite devant ce carnaval... Ils seront bien emmerdés !
- Ca alors ! C’est le bouquet final ! Au moins avec un pareil festival, on est certain de ne pas traverser ainsi !

Bien sûr, tout cela "ferait désordre" auprès de la Commission de Visite, mais c’était mieux ainsi. J’étais rassuré par cette insolite perspective.
- Tout cela allait se terminer avec du Champagne, avant même de commencer ! Qui s’en plaindrait ? C’est à cette époque, que je commençais timidement à acquérir un certain cynisme, vis à vis de ma profession déjà bien malade. Il est resté silencieux, puis m’a regardé en souriant.
- Ah, ces jeunes !
- Tu as l’air bien triste devant l’idée de boire le Champagne avant de pouvoir remettre de l’ordre à bord !

Cette fois, c’est notre troisième officier mécanicien qui fut pris d’un fou-rire.
- Et il y croit l’animal ! Tu n’as pas encore navigué chez nous, "à la d’Orbigny !"

L’électricien qui venait de rentrer ajouta :
- Alors, il nous suffira de te mettre les points sur les "i" à propos de la Visite Annuelle !
- Question à 1000,00 Francs Monsieur le Radio :
- Sais-tu combien de navires Français ont été "arrêtés" par l’administration des Affaires Maritimes du Royaume de France pour des problèmes de Sécurité ces dernières années ?
- Heu, heu, heu ! Non. Pas vraiment. Pas du tout même.

Je sentais une lueur d’ironie dans son regard. Très surpris par la question, je redoutais un rapport très étroit avec le bord. Aucun esprit même tordu, ne m’avait jusqu’à ce jour incité à m’interroger sur ce sujet. Il aurait fallu y penser ! L’électricien allait donc éclairer ma lampe :

- En automne dernier camarade, le cargo classique "Courson" a eu un incendie en cale sèche au Havre. Ca s’est si bien passé, qu’un des Pompiers du Havre est mort et deux de ses collègues ont été gravement blessés, sans parler de l’équipage...
- Il y a eu des gros titres dans la presse local, dans l’hebdo le Marin etc.
- Oui je m’en souviens. Quel rapport avec nous ?
- A la suite de cet accident, les Affaires Maritimes du Havre ont été contraintes compte tenu de l’extrême gravité des faits, d’empêcher le départ du Courson après les réparations et de tout "éplucher" à son bord.
- Malheureusement Normal ! Je ne savais pas trop quoi dire. Le troisième officier Mécanicien continua :
- Cet arrêt imposé à un navire Français par les Autorités Françaises pour des raisons de sécurité, fut le premier depuis 1949 !...

Il se fit alors silencieux, peut-être pour me laisser réfléchir... Puis notre Maître-électricien ajouta :
- A notre bord ici, un des matelots légers était le novice pont à bord du Courson. Tu pourras lui demander de tout te raconter... (et cela m’arriva par la suite)

Le Troisième Mécanicien décida de "me passer une seconde couche" :
- Ce petit jeune a perdu deux doigts lors de l’incendie du Courson... A son âge... D’autre part Monsieur le Radio, on a oublié de te le dire, en 1949, c’était déjà la d’Orbigny...
- Alors là, ça craint... ai-je pensé en commençant à avoir peur.

- Il nous reste quelques jours pour tuer quelqu’un ici en Italie. Alors peut-être, la traversée sera retardée et nous prendrons le temps de mettre un peu d’ordre, Costa permettant...

Telle était l’opinion de ces collègues. Nous avons ensuite changé de sujet de conversation, en allant faire un tour en ville.

- Huit jours plus tard nous passions "en l’état" le détroit de Gibraltar, pour New York, après le champagne de conclusion d’une Visite Annuelle tout à fait mémorable...

Il faut positiver, car nous avons aussi su en rire. Et cela compte car finalement le 4 février 1982, nous n’avons pas fait naufrage. Les polonais nous le disent et le répètent :
- "On rigolait beaucoup plus à l’époque du communisme..."

- A suivre...

- Bien "navicalement" - Thierry Bressol - OR 1

Le 19 juillet 2006, thierry escallier-duront : Embarquer à bord du Manhattan /1

Très sympa cet article ;mon pére,tuyauteur aux Chantiers de France,a travaillé sur ce navire et sur son sister ship,le RORO GENOA ; le dimanche nous allions obligatoirement faire "un tour au port"comme on dit à Dunkerque voir les réalisations du Chantier.C’est emouvant ces souvenirs. Merci Thierry

Embarquer à bord du Manhattan /1 23 juillet 2006, par Thierry Bressol R/O

Bonjour,

content de vous lire ! Ces deux navires ont été dénigrés N fois c’est sûr ! Cela dit, c’est leur nature de "RoRo" qui est discutable, pas eux ! Voir le fait que nos cousins américains s’en servent encore aujourd’hui, et ils ont déjà 26 ans. A mon sens, là est la preuve que ce ne sont pas des poubelles. Ce qui ne veut pas dire que les navires démolis "jeunes" le sont. L’économie hélas...

Votre père et ses collègues n’ont donc pas à rougir de leur boulot de 1979 et 1980. Au contraire, même si la conception n’était pas parfaite : les plus beaux navires ne le sont jamais.

Bien amicalement


Le 20 août 2006, franck : Embarquer à bord du Manhattan /1

salut j’étais novice pour ce voyage mémorable que de souvenirs difficilement croyable

Embarquer à bord du Manhattan /1 21 août 2006, par Thierry BRESSOL

Content de vous lire. Incroyable, c’est pour ça que je l’écris. Pourtant, c’est arrivé !

On l’a échappé belle. Je traite une fois de plus le mauvais temps cette semaine.

Merci de me faire signe, je ne me souviens pas du nom de tout le monde.

Bien amicalement Thierry Bressol


A propos de l'auteur

Thierry BRESSOL

Officier radio-électronicien de 1ère classe de la marine marchande (1978/1991)
- Animateur de formation technique & Consultant Telecom GSM en SSII
- Rédacteur/correcteur


Souvenirs-de-mer : http://souvenirs-de-mer.blogdns.net/